La Grande Bouffe


Tout comme les végétaux, les animaux sont considérés comme des produits de consommation courante. Tout comme les végétaux, les animaux sont manipulés génétiquement pour devenir plus rentables. Elevage intensif, nourriture industrielle, clônage, hynridation, vache folle, hormones, remballe, décongélation... voilà les bases d'une alimentation capitaliste* élaborée par des super groupes industriels assoiffés d'agro-dollars.
* (A noter que les dictatures communistes se sont également livrées à des manipulations sur les animaux et les végétaux, et à des techniques de cultures totalement délirantes qui n'ont intoxiqué personne, mais affamé plusieurs millions de soviétiques, de chinois et de coréens. Le pseudo scientifique russe Lyssenko était devenu la référence en matière d'agriculture communiste, et ses idées démagogiques, soutenues avec ardeur par les cadres du parti, menèrent à des désastres humains sans commune mesure. A ce sujet, vous pouvez consulter Lyssenko et le Lyssenkisme, Coll. Que Sais-Je ?, et La Grande Famine de Mao, de Jasper Beker, ed. Dagorno.)

Elevage intensif
La pratique de l'élevage intensif est désormais largement standardisée. Cette pratique est doublement inutile. D'une part, la viande, le lait et les oeufs produits de cette manière sont parfaitement impropre à la consommation humaine (vache folle, hormones...). D'autre part, les animaux qui sont parqués dans des cages, des boxes, ne voient jamais la lumière du jour, sont nourris avec des aliments inadaptés, sont mutilés, et abattus, vendus sous plastiques et jetés en cas de péremption, sans autres considérations. Un poulet de batterie vit au maximum 36 jours, (alors qu' un poulet de ferme élevé en plein air vit au maximum 75 jous), et une pondeuse de batterie doit produire annuellement 300 oeufs, et la liste des atrocités subies par les volailles, les bovins, les ovins et les porcs pourrait être encore longue. Il y a, au niveau des pays industrialisés, surproduction et surconsommation de viande. Ces deux phènomènes engendrent à la fois des problèmes de santé (cancers, vache folle, lystériose), des catastrophes écologiques (déforestation, pollution) et la mort de millions d'animaux dans le monde.

Clonage et modifications génétiques
Après Dolly et sa fille Polly, premiers moutons clonés (en 97), on se dit que la recherche ne s'arrêtera pas à ces deux là, mais que bientôt des troupeaux entiers de clones (bovidés, ovidés, crustacés, poissons...) se promeneront sur terre comme sur mer avant de finir dans notre assiette, sous une forme ou une autre. En 96, des chercheurs canadiens avaient déjà mis au point un saumon transgénique grossissant 11 à 37 fois plus vite que la normale...

Variétés nouvelles et hybrides
Celles-ci sont élaborées dans des laboratoires, comme ceux de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) ou pire encore, dans ceux des super-groupes industriels. On n'ose pas imaginer ce qui se passe chez McDo, Nestlé ou Monsanto pour qu'ils réussissent à produire une nourriture aussi déguelasse. Les recherches scientifiques ne servent pas à nourrir l'humanité entière, mais à satisfaire les goûts, et à développer les besoins inutiles du plus grand nombre de consommateurs/trices. Car les croisements de variétés de fruits, légumes, céréales, servent à améliorer ou augmenter le goût, la saveur, le rendement, la taille, des divers aliments, pour qu'ils rapportent plus à leurs producteurs/distributeurs. En tout cas, depuis 1986, à Tchernobyl et dans les pays avoisinnants, on a plus besoins d'OGM ou d'hybridation pour avoir des fraises géantes et phosporescentes la nuit...

Fin de la biodiversité
Conséquence directe de la sélection des espèces végétales et animales à des fins pécunières, elle menace aujourd'hui toutes les formes de cultures. Elle ne fera que se renforcer avec l'apparition des variétés nouvelles, des hybrides et des OGM qui risquent de boulverser l'équilibre des écosystèmes. Le capitalisme aura éradiqué la plus grande partie des ressources agricoles planétaires : sur 10 000 à 50 000 plantes comestibles, 150 à 200 seulement sont utilisées. En Indonésie, 1500 variétés de riz locales ont disparus ces 15 dernières années. On cultivait plus de 500 variétés de céréales dans l'antiquité, et l'on en cultive très peu désormais. Seules des céréales à germination rapide sont privilégiées. Ainsi, 75 % de la consommation mondiale provient essentiellement de trois céréales : maïs, riz et blé.

Nourriture industrielle
Ce que vous avez dans votre assiette a 9 fois sur 10, subit des transformations industrielles. Celles-ci sont liées à l'évolution, la modernisation et l'industrialisation de l'agriculture et de l'élevage (robotisation, élevage intensif). Elles se traduisent aussi par la présence d'additifs alimentaires, d'OGM, d'hormones, de pesticides... Imaginez un banal sandwich jambon-beurre. Cette tranche de jambon flasque qui le compose, sortie d'une usine robotisée et aseptisée, est d'abord découpée à la chaîne dans un cylindre de viande de porc agglomérée artificielement, rosie par ébulition dans la saumure, avant d'être emballée sous plastique et distribuée dans le commerce.

Vache folle
De manière à être engraissés plus rapidement et à faible coût, les animaux de batteries sont uniquement nourris avec des céréales, des tourteaux de soja, tournesol ou colza, des farines de viandes (moutons, poissons). Et ce sont précisément ces farines de viandes qui sont responsables de la maladie de la vache folle. Ces produits constituant la base de l'alimentation de nombreux cheptels bovins, sont fabriqués par les équarisseurs (avant d'être revendus à des fabricants d'aliments), et sont constitués de résidus d'abattoirs et de carcasses d'animaux morts, principalement des moutons (les vaches, herbivores, sont alors nourries avec des produits animaux qui ne conviennent pas à leur organisme). En Angleterre, les équarisseurs utilisèrent un système réduisant les coûts d'énergie pour fabriquer les farines. Malheureusement, les carcasses n'étaient pas traités à une température suffisante pour détruire l'agent de l'ESB ou encéphalopathie spongiforme bovine, transimissible à l'humain, (et déjà responsable de la mort de millions de bêtes et de plusieurs humainEs). Ceci s'est produit à partir de 1980. Combien de steaks avez-vous mangé depuis cette date ? Pour le poulet, c'est pareil, voire pire. En 97, à Hong Kong, des millions de poulets porteurs d'un virus mortels ont été exécutés. Plus terrible que l'ESB, la grippe du poulet de Hong Kong, en cas de propagation, pourrait tuer 100 millions de personnes en une semaine. Plus près de nous, mais tout aussi peu rassurant, fin mai/début juin 99, plusieurs pays européens ordonnent la destruction massive d'oeufs (ainsi que les produits dérivés) et de poulets, contaminés par des farines animales, et bourrés de dioxines, avec un taux 140 fois supérieur à la normale. Ces oeufs, poulets et autres produits, originaires de Belgique et provenant de 416 élevages, sont principalement distribués dans le nord de la France et en Angleterre où ils ont été retirés de la vente vers le 3 juin 99. Les autorités françaises avaient eut vent de l'affaire par leurs collègues belges dès le 3 mai 99... Aux dernières nouvelles, les farines en cause auraient également contaminés les porcs et bovins résidants en Belgique.

Recongélation
Les manipulations de produits congelés dans la chaîne de l'agro-alimentaire sont souvent hasardeuses, car les aliments, une fois décongelés, ne doivent pas être recongelés, mais consommer dans les plus brefs délais. En effet, la recongélation ne détruit pas les microbes qui se sont développés lors de la décongélation, et ce type de prolifération microbiennes peut engendrer des troubles digestifs plus ou moins violents. Pourtant, les crevettes d'Extrême-Orient congelées sur les lieux de pêches (bateaux-usines), sont décongelées lors du retour au port, "lavées" à l'eau de javel, traitées à l'oxyde d'éthylène avant une dernière recongélation.

Contamination
Les produits animaux réservent parfois bien des surprises aux humainEs qui les manipulent. Outre la vache folle, on retrouve dans les oeufs (et la viande en général) des salmonelles (qui comptent plus de 2200 variétés) provoquant la salmonellose (maux de tête, fièvre, diarrhées, décès). En 1988, 400 millions d'oeufs, et 4 millions de poules ont été incinérés en Angleterre après avoir été contaminés. Plusieurs humainEs en sont déjà mortEs. Il en va de même pour la listeriose, provoquée par des Listeriae que l'on trouve dans des fromages à pâte molle (brie, camembert...) et la viande.

Remballe
En 97, le supermarché ATAC de Ferrières-en-Bray procédait à des pratiques frauduleuses au rayon boucherie : la viande emballée sous-vide était vendue au-delà de la limite de consommation (environ 10 jours !). La fraude sur les invendus permet évidemment de prolonger leur durée de vente. Ainsi, ce genre de pratique a fait économiser au groupe ATAC 8 millions de francs en une année. La viande n'est pas trés toxique, mais elle est beaucoup moins nutritive. Pour la/le consomma-trice-teur c'est le même prix de toute façon. Il serait illusoire de croire que seuls les magasins ATAC ont recours à cette pratique...

Hormones
On espèrait en avoir fini avec la viande aux hormones, après la totale interdiction de ces produits pour l'élevage des animaux, une décision de la commission européenne de 88. Mais la tentation est forte... Un éleveur gagnant normalement 500 Frs sur une bête, peut quadrupler son bénéfice en utilisant des hormones qui accélèrent la croissance des animaux. Avec ces produits, elles/ils grossissent plus en mangeant moins, le rêve non? Il y a 5 ans, 127 espagnolEs ont été hospitaliséEs après avoir consommé du foie de veau engraissé au Clenbutérol (produit utilisé par le sprinter Ouzbek Djamolidine Abdoujaparov, un Bêtastimulant qui dégage les voies respiratoires et qui transforme toute l'énergie du corps en protéines et non en graisses. Pratique, mais interdit). En tout cas, ces affaires arrangent les partisanEs de l'autorisation de certaines hormones : des groupes pharmaceutiques et chimiques, les états-uniens et quelques autres pays d'élevage. En juin 97, sous la pression de ce type de lobbies, l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) estimait que le caractère nocif des hormones (oestradiol, testostérone, progestérone, zéranol, trenbolone) pour la santé n'était pas démontré scientifiquement. C'était aussi le cas de la DES, une hormone découverte dans les années 30. Depuis, des études ont prouvé qu'elle était cancerigène...

Déforestation
La surproduction alimentaire des pays industrialisés ruine et affame les pays du Sud. Les forêts y sont dévastées, les arbres abattus ou brûlés afin de fournir de nouvelles terres rapidement cultivables. Celles-ci serviront à nourrir les humainEs mais aussi les animaux qui consomment énormément de céréales. En mangeant des protéines issues de la transformation des céréales par les animaux, nous privons les pays du sud de leurs céréales qui servent à remplir nos assiettes sous forme de steaks. Les animaux d'abattoir consomment l'alimentation de plusieurs personnes (1 boeuf = 6 humainEs).

Pollution
L'agriculture (engrais, pesticides, fongicides, déforestation...) et l'élevage industriels (lisiers et autres excréments) appauvrissent et polluent les sols et la nappe phréatique, favorisent l'effet de serre... les écosystèmes sont bouleversés: de nombreuses espèces végétales ont déjà disparus et disparaissent chaque jour.

Bon appétit !


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