A l'IFN, on élabore la Novlangue
L'Institut de Formation Nationale (désormais aux mains du petit Mégret), dispense de
biens curieux manuels de propagande destinés aux futurs cadres et élus du FN. Comme on a
pu le constater depuis longtemps, Le Pen/Mégret et leurs sbires tentent d'intégrer de
nombreux néologismes dans notre culture, comme le fameux terme sidaïque, ou celui de
préférence nationale. Dans un manuel interne de l'IFN, intitulé tout simplement
"l'Image du FN" (20/02/89), on découvre des propos effarants. Jugez plutôt :
"Aucun mot n'est innocent. On peut même dire que les mots sont des armes, parce que
derrière chaque mot se cache un arrière-plan idéologique et politique." Ainsi,
"aux mots confisqués par l'adversaire et qui sont devenus autant de symboles, il
faut substituer un autre vocabulaire." A la manière du Ministère de la Vérité
(dans 1984) qui impose la novlangue, le FN a inventé des mots "qu'il faut utiliser
pour des raisons tactiques" et dont voici quelques exemples tirés d'un tract de
l'IFN :
"la majorité : les socialistes
l'opposition : la fausse opposition
la droite RPR-UDF : la fausse droite
les hommes politiques : les politiciens, la nomenklature politicienne
le PS, le PC, le RPR et l'UDF : l'etablissement
l'extrême droite (FN) : la vraie droite, la droite nationale
le Parti Communiste : le parti stalinien
les communistes français : les derniers staliniens
les milieux pro-immigrationnistes : le parti de l'étranger
SOS Racisme, LICRA, MRAP, etc... : les lobbies de l'immigration"
A ceux-ci peuvent s'ajouter le cosmopolitisme pour l'universalisme, la Nation
Française pour l'Hexagone, les avantages sociaux pour les conquêtes sociales, le peuple
pour la collectivité, les Français actifs pour les travailleurs, les patriotes pour les
membres du FN ou assimilés extrême-droite, les fédérastres pour les pro-européens,
les lois liberticides pour les lois anti-racistes, la nomenklatura politique pour la
classe politique, la classe ripouxblicaine pour la classe dirigeante, sans oublier la
gauche caviardisée et la droite saumonée, les gaullards pour les gaullistes, ni le FRIC,
un calembour désopilant signifiant Front Républicain pour l'Immigration et la
Corruption. Et la liste serait encore longue. L'essentiel est de rester vigilant face à
ce détournement de langage. Simplement parce que le FN dérape vite. Mais aussi parce que
le FN risque de transformer notre langage en s'acaparant tous les mots, et en les
manipulants, comme le font déjà les publicitaires. La preuve se trouve dans cette
fameuse brochure de l'IFN, où l'on peut également lire : "Pour séduire, il faut
éviter de faire peur. Dans notre société soft et craintive, les propos excessifs
inquiétent. (...) Il est donc essentiel, lorsque l'on s'exprime en public, d'éviter les
propos outranciers et vulgaires. On peut affirmer la même chose avec autant de vigueur
dans un langage posé et accepté par le grand public. De façon certes caricaturale, au
lieu de dire 'les bougnoules à la mer', disons qu'"il faut organiser le retour chez
eux des immigrés du tiers monde."
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